Janus Rasmussen (moitié de Kiasmos) signe son premier album solo Inert

Moitié de Kiasmos aux côtés de Ólafur Arnalds, Janus Rasmussen dévoile Inert, son premier album solo. Un projet qui marque un basculement : celui d’un producteur habitué aux équilibres subtils, qui décide ici d’assumer une écriture plus frontale, sans perdre en précision.

Pensé comme une sortie de l’inertie, au sens créatif autant que physique, le disque avance par tensions et relâchements. Les morceaux ne cherchent pas l’effet immédiat mais installent des trajectoires, entre montée progressive et zones plus suspendues.

Janus Rasmussen y place sa voix au premier plan, non pas comme élément central figé, mais comme une matière qui circule à l’intérieur des arrangements. Elle se fond dans une électronique dense, faite de textures en mouvement, de basses mobiles et de détails qui apparaissent puis disparaissent sans jamais alourdir l’ensemble.

« Murk » condense cette dynamique avec une énergie contenue mais clairement orientée club : un beat à l’empreinte UK garage, des fréquences qui oscillent et une construction qui joue sur la répétition et la variation plutôt que sur l’impact immédiat.

Sur la durée, Inert évite la linéarité. L’ouverture « Drain » installe une lumière fragile, rapidement assombrie par les reliefs 2-step de « Doom ». « Bones » étire la matière sonore jusqu’à la quasi-dissolution, avant que « Sift » ne resserre l’espace autour d’un dialogue entre synthétiseurs et piano.